Napalm Death prend ses racines à Birmingham, au début des années 80. Le punk-metal crustisant qu’ils délivrent à ce moment peut rappeler Discharge dans l’esprit furieusement anticapitaliste ("Hatred Surge" et les démos précédentes), les liens avec la scène anarchopunk sont alors évidents."Scum", puis "From enslavement to obliteration" marquent le virage Grindcore dont ils seront les pionniers avec les américains de Repulsion. Le groupe de terroristes sonores voit alors défiler de nombreux musiciens qui seront à l’origine d’autant d’autres projets (Dropdead, Carcass, Cathedral, Defecation, Extreme noise terror, Jesu, Godflesh, Meathook Seed, Terrorizer, Righteous Pigs, Scorn, Brujeria, Unseen Terror, Pain Killer...) et après une incursion dans un death-metal plus conventionnel sur "Harmony Corruption", ils trouvent leur style et leur line up définitif à partir de l’excellent "Utopia Banished" en 1992 : Un death-grind extrême et très technique qui gagnera encore en intensité au fil des années. Cette formation à facettes multiples a su évoluer tout en gardant un fil conducteur avant-gardiste et engagé.Leur gentillesse est aussi légendaire que leur musique dans la scène, et on remercie chaleureusement Barney, hurleur et souvent porte-parole de Napalm, d’avoir pris le temps de nous répondre sur le parcours et les idées d’un groupe incontournable.
... GrrroG... le 31/05/2005

Vous êtes depuis longtemps largement reconnus dans les scènes punk, hardcore et metal, d’où vous tirez vos influences. Comment expliques tu cette quasi-unanimité alors que votre musique a toujours été des plus extrême ?

Bien entendu ces trois scènes que tu as mentionnées ont eu une influence certaine sur nous. Mais une partie de chaque scène peut être considérée, je dirais, comme étant conservatrice. Autrement dit, certains groupes rechignent à sortir des frontières de leur scène, tant au niveau musical qu’à celui des paroles. Nous ce qu’on aime faire, c’est prendre le son de base, rapide et furieux puis le développer avec des influences qui s’étendent jusqu’aux années 80, des groupes comme My Bloody Valentine, Sonic Youth et Swans. Ca ajoute une couleur plus agréable sans pour autant perdre le son original. J’aime également penser qu’une large majorité des gens nous associe avec le fait que nous essayons de toucher les consciences et de promouvoir des vues bien définies sur la justice sociale, etc.

Vous n’êtes pas à proprement parler un groupe DIY, même si vous gardez une certaine éthique afin éviter la marchandisation, avez-vous déjà pensé à une structure d’autoproduction pour éviter les intermédiaires, baisser les prix de vente et conserver une totale indépendance? (...)
Je pense que c’est juste une question d’expérience. Quand tu débutes, on te pousse à travailler directement ou indirectement avec des gens ou des compagnies si peu scrupuleuses que d’ordinaire tu ne t’en approcherais même pas. Ceci dit, et bien que beaucoup diront le contraire, il y a toujours cette envie de faire plus pour ton groupe, ce qui peut amener à prendre de mauvaises décisions. Je n’irais pas jusqu’à dire que nous ayons une formule toute faite, mais quand une situation se présente, on y jette un œil critique et nous pesons le pour et le contre.
Bien sur, ça ne me dérangerait pas de faire des trucs sans profit (et on l’a déjà fait à plusieurs occasions dans le passé). Mais les groupes ne vivent pas d’amour et d’eau fraîche. Je veux dire par la que Napalm Death, c’est 365 jours par an, il nous faut donc gagner de quoi vivre et de quoi faire fonctionner le groupe.
Evidemment il y a ceux, en général dans la scène hardcore, qui disent qu’on ne devrait pas faire d’argent avec la musique, mais c’est vraiment naïf, sans mentionner le fait que nous sommes des personnes aussi, et que nous devrions avoir le droit à une existence digne, nous travaillons tous dans le but d’échapper à la pauvreté. Les gens pensent que parce que le groupe a une certaine popularité, nous gagnons une fortune, ce qui ne saurait être plus faux. Je n’ai jamais couru après l’argent, mais ça ne veut pas dire que je ne devrais pas avoir le droit de vivre.

… Etant entendu que vous ne pouvez pas vous occuper vous-mêmes de la promo, des aspects logistiques et du financement, mais que ceux-ci pourraient être pris en charge par un réseau associatif d’une dizaine de labels non-profit, par exemple.
Peut-être mais on s’est fait avoir dans le passé et malgré le fait que je suis infiniment plus enclin à faire confiance à une association sans but lucratif, je veux quand même savoir ou va l’argent et comment il va être utilisé. C’est très dangereux de ne pas se tenir informé quand on est musicien. Tu devrais connaître tes droits et te tenir au courant autant que possible.

Après vos déboires avec le label Earache, vous avez signé chez Relapse, Dream Catcher, Century media… Quels sont les critères de choix de vos labels ?
La plupart des gens diront que c’est l’avance qu’ils t’offrent, mais pour être franc c’est secondaire. Ce qui m’intéresse principalement c’est le soutien que tu recevras de la part du label. Il n’y a rien de pire que de travailler comme des malades pour ce en quoi tu crois pour finalement découvrir que le label n’en a rien à foutre, n’aide pas à la promotion ou ce genre de choses. J’irais jusqu’à dire que c’est extrêmement déprimant quand ça arrive surtout quand tu sais que ces enfoirés se prennent une grosse part sur tes royalties.
Pour prendre Century Media comme exemple, on a signé avec eux parce que :
a) on connaît depuis plusieurs années les gens qui y bossent
b) Ils ont vraiment une bonne réputation pour ce qui est du management des groupes et de leur honnêteté
Bien sur il y aura toujours des désaccords mais au moins il y a quelqu’un à qui parler au bout du fil contrairement à certains labels qui te répondent trois semaines plus tard.
De notre coté, on a maintenant beaucoup plus d’expérience et on s’y connaît pas mal en matière de contrat. Je ne dit pas ça pour me vanter mais je n’ai plus envie d’être emmerdé par les labels, quels qu’ils soient. C’est aussi simple que ça.


Capitalisme, racisme, fascisme, hiérarchie, sexisme, destruction de l'environnement, exploitation animale, etc. sont parmi les thèmes sociaux que vous abordez dans vos paroles. Vous paraissez comme étant un groupe très politisé, surtout dans la scène metal qui l’est assez peu (...)
Nous sommes peut-être un groupe politisé et j’en ai certainement porté l’étiquette au fil des années, mais avant ça, j’aime croire que nous formons un groupe qui promeut l’humanisme. Je veux dire, on se rapproche de la « gauche » sur plusieurs thèmes, mais au fur et à mesure, je réalise que ce qui compte vraiment, ce sont les droits de l’individu, la libération de l’exploitation et du harcèlement, le droit des femmes à disposer de leur corps, le droit de changer les lois, d’opposer une réponse efficace à la pression gouvernementale, la reconnaissance de la guerre en tant que crime sponsorisé par l’Etat… Bref, ces choses qui brouillent les clivages politiques. Je veux dire que tu es en train de parler à un ancien membre du parti travailliste qui a déchiré sa carte quand ils ont commencé à glisser vers des positions autoritaires sur certains sujets.
Pour citer un cas évident, c’est de l’hypocrisie extrême que de juger pour crime contre l’humanité Saddam Hussein ou Milosevitch alors que ceux comme Bush et Blair s’en sortent toujours relativement indemnes sans avoir à répondre de leurs crimes. Ce qui n’aide pas, c’est que la plupart des gens accepte plus ou moins à contre cœur la légitimité des actions de ces deux la.

… de quel mouvement ou idée politique vous sentez vous le plus proche ?

These days, the Greens. I’m seriously considering joining them full-time because I like their general raft of ideas.

Votre activisme prend-il d’autres formes ?
Actuellement je m’intéresse beaucoup au droit des femmes, à la contraception et à l’avortement car je pense qu’il faut s’occuper de ces questions tant qu’elles sont d’actualité, il en a été question dans les journaux récemment. Il existe une association très courageuse aux Pays Bas qui s’appelle « Women on waves ». A bord d’un bateau, elles se rendent dans différents ports et conseillent les femmes sur la meilleure façon de renforcer leurs droits à la reproduction contrôlée. Dernièrement elles sont allée en Pologne, où l’avortement est toujours illégal, et ont inévitablement été les victimes d’agressions de la part de groupuscules religieux et néo-nazis. C’est une liberté qui mérite certainement d’être défendue. J’aime m’impliquer personnellement quand je peux. Je fais également partie d’un comité régional de l’Union des Musiciens en Angleterre qui défend les droits des musiciens. J’ai l’occasion d’y apprendre et d’aider les autres en même temps, ce qui est doublement cool.

Napalm Death a compté une vingtaine de membres dans ses rangs, (le line up original de Scum a d’ailleurs disparu…) De tous les groupes ou projets parallèles que Napalm Death a engendré (cf. l’arbre généalogique), lesquels vous semblent les plus réussis ? J’ai entendu dire que Terrorizer se reforme pour un nouvel album, as-tu des informations à ce sujet ?
Je pense que Lock up a bien marché pour Shane, et le fait qu’il ait pu prendre le temps de jouer et partir en tournée avec eux y a contribué. Je trouve aussi que Venomous Concept avec Buzz des Melvins a bien fonctionné parce que Ipecac records a bien bossé dessus. Ni l’un ni l’autre n’ont vendu énormément de disques, mais le fait de pouvoir s’éclater au sein de plusieurs groupes est important pour Shane.

L’album de Terrorizer était vraiment une belle réussite, mais n’oublie pas que c’était un groupe à part entière pour Jesse plutôt qu’un projet parallèle. J’ai aussi entendu dire que Terrorizer bosse sur un nouvel album en ce moment, mais c’est juste des rumeurs. Je ne crois pas que Oscar, le chanteur original y participe. Pour être franc, je dois en savoir autant que toi à ce sujet.


Le nouvel album « The code is red, long live the code » est sorti au mois d’avril 2005, Peux tu nous donner des détails sur sa composition ? Il y a quelques invités sur cet album, notamment Jello Biafra, comment c’est passé la rencontre ?

Hmm, les thèmes musicaux sont les mêmes que ceux qui ont toujours été à la base du groupe, punk, hardcore et metal. Je pense que ça serait trop nombriliste et inapproprié de les analyser plus avant. Ensuite, il y a ces deux morceaux à la fin de l’album, « morale » et « our pain is our power » qui sont construits autour des influences dont j’ai parlé dans la première réponse, et sur lesquels je me suis essayé à un chant clair, ce que je n’avais jamais fait auparavant. Je suis d’avis de ne pas toucher aux fondements de notre base musicale. Si nous continuons à avoir de nouvelles idées, il est indispensable de pouvoir les intégrer à chaque fois sans jamais perdre de vue tout ce qui fait l’essence même et l’esprit du groupe. D’une certaine façon, Napalm Death est très direct dans son approche de la musique, ça n’a rien de scientifique.
En ce qui concerne Jello, on a eu une longue association avec Alternative Tentacles, et puis aussi bien sur on a repris Nazi Punks fuck off il y a quelques années. Une fois qu’il ait accepté de chanter sur l’album, on a loué un studio à San Fransisco lors d’une tournée aux USA, Jello nous y a rejoint, il a fait une cinquantaine de prises des plus étonnantes. C’était vraiment une démarche simple car ce n’était pas comme si Jello avait besoin d’une ligne directrice pour le chant ou autre chose. On lui avait donné les enregistrements à l’avance, et même si j’avais déjà une idée assez précise des passages où je voulais qu’il chante, il était réellement déterminé à orienter son chant de manière à donner un maximum d’impact au morceau.

En tant que personne, Jello est vraiment calme, c’est dur de croire qu’il se soit présenté comme candidat à la mairie de San Fransisco et qu’il s’est mis en première ligne pour lutter contre la censure oppressive des forces conservatrices. J’ai beaucoup de respect pour lui.

On pouvait trouver cet album avant sa sortie par Peer to Peer. Même si vous avez un noyau dur de fans qui achèteront de toute façon l’original, vous êtes dans la catégorie des groupes potentiellement fragilisés par ce système de diffusion (professionnels, connus, mais pas assez vendeurs pour être à l’abri). Quelle est votre position vis-à-vis du peer to peer ?
Tu sais quoi ? C’est déjà assez dur de se faire connaître parfois, alors en général la musique sur P2P ne me dérange pas. Le seul moment ou ça pose problème, c’est durant les premières semaines, parce que c’est la que ceux qui veulent vraiment l’album vont sortir pour l’acheter.
Si les gens n’achetaient plus l’album à sa sortie, ça remettrait lourdement en question la possibilité de continuer le groupe et de le soutenir financièrement. Donc, si je pouvais m’adresser au plus grand nombre, je demanderais de ne pas le télécharger avant ou immédiatement après la sortie. Potentiellement ça pourrait vraiment nuire aux groupes comme nous, sans budget, en dehors de la vente d’albums dont nous dépendons largement. Ces gros groupes pop qui s’en plaignent, ne se préoccupent en fait que du manque à gagner ne venant pas grossir leur fortune déjà amassée.


Les deux albums Leaders not followers reprises de groupes cultes des années 80 comme Master, Discharge, Siege, Repulsion, Dead Kennedys… dénotent une certaine nostalgie vis-à-vis de la scène de cette époque (...)

Oh absolument, les années 80 ont été formatrices pour moi. J’aimais le fait que les labels n’étaient pas complètement développés ou ne comprenaient pas vraiment cette musique extrême et sans compromis et malgré tout, les groupes n’avaient pas besoin de ça pour jouer et composer des classiques, parfois même dans leur chambre, chez leurs parents. Il y a tellement de groupes de cette époque qui sont absolument intemporels, toujours d’actualité et pleins d’énergie, à mon avis.

… Pensez vous que, malgré un nombre de groupes toujours croissants, les styles de musiques extrêmes sont en panne de créativité ? Quels sont les groupes actuels que vous appréciez ?
La musique extrême s’est ramifiée en plusieurs courants différents et il y a des groupes avec de très bonnes idées parmi eux. Cependant, je n’y trouve pas autant de classiques que dans ce qui a été fait au cours des années 80. Je veux dire, est ce que quelqu’un peut citer quelque chose qui peut égaler l’envergure d’un ‘To Mega Therion’ de Celtic Frost, ‘Out Of Step’ de Minor Threat ou ‘Why’ de Discharge. Je n’ai plus rien entendu de tel depuis. En ce moment j’écoute Nasum, Das Oath, Bruce Banner et Reflux.

Pronostics : Parmi les groupes suivants, lesquels ont une chance de figurer sur le 3ème volet de leaders not followers : Motörhead, Impulse Manslaughter, Nuclear Assault, Conflict, DRI, Possessed, Voivod, Doom, Venom, MDC, Exit 13, Adrenaline OD, Death, GBH, Negative approach … ?
Ouais, certains d’entre eux. Il y a environ 10.000 autres candidats… Pour l’instant on reste ouverts à tout. Ce n’est pas comme si on était limités dans notre choix, le jour ou on décidera de faire un 3eme volet.

Est-il difficile a assumer d’être soi-même un groupe culte? Quel est votre sentiment vis-à-vis de l’influence que vous pouvez avoir, musicalement et au niveau des idées?

Être considéré comme un groupe culte est bien sur flatteur, et être suivi par beaucoup de monde n’est pas un problème pour moi. Il faut juste garder la tête froide et rester concentré sur ce qui est vraiment important, comme faire en sorte que le groupe ne perdre rien de sa substance. Croire en mon aspect ‘hype’ ne m’intéresse pas, car la vie est plus simple et on est plus créatif si on ne prête pas attention au superficiel. Si tu commences à y croire toi-même, ta créativité en pâtit. Je l’ai observé avec certains groupes dont j’aimais la musique.

On peut débattre de l’influence politique que nous avons réellement. Ceci dit, il n’y a pas de petites avancées, et il est indéniable que des fans auparavant apolitiques ont commencé à réfléchir et à creuser certains sujets à travers napalm et beaucoup d’autres groupes. Obtenir une réaction dans l’esprit des gens suffit parfois à déclencher le processus de réflexion puis d’action. Le vrai danger est de ne rien dire parce qu’on croit être impuissant à apporter un changement. C’est ainsi que vous contribuez à maintenir en place les mécanismes d’exploitation.
Musicalement, il faudrait demander à d’autres groupes. Mais autant que je puisse le croire, il y en a beaucoup qui nous citent comme influence principale et comme précurseur de la scène extrême actuelle.

Quel est, selon toi, l’essentiel à retenir de Napalm Death (les rencontres, les galères, les tournées, l’expérience du groupe en général…) ?
On est surtout connus pour nos tournées et l’importance qu’on accorde à jouer intensément tous les concerts. Je crois qu’une de nos spécificités réside dans nos efforts pour faire sonner chaque album différemment sans rien perdre de nos influences originelles. Et aussi je pense que nous évoquons des sujets que d’autres groupes ne penseraient même pas aborder comme les droits des femmes, le danger de succomber entièrement au matérialisme et d’envisager la vie uniquement en fonction de critères économiques, etc.
Bien sur, les gens de la scène underground semblent plus sensibilisés à ce genre de thèmes, c’est pourquoi il serait bon d’élargir le cercle des initiés pour amener plus de personnes à réfléchir. Ça ne sert à rien de prêcher des convertis si le but recherché est de rendre le monde plus égalitaire et tolérant.


Free Speech… Quelque chose à ajouter ?

Merci au Street Trash et à tous ceux qui nous soutiennent. Merci d’acheter le single Tsunami Benfit sur le site de Century Media https://shop.centurymedia.de/ ou à nous directement dans les concerts, on veut continuer à collecter des fonds. C’est seulement 6 euros et tout va à la fondation. Prenez soin de vous et surtout soyez heureux. Merci.


Le site officiel de Napalm Death : http://www.enemyofthemusicbusiness.com/

Download MP3 :
. Silence is deafening (from "the code is red... long live the code" Century Media Records)

voir l'interview en VO (anglais) -traduction par Cabina-

discographie
Punk Is a Rotting Corpse --Demo, 1982
Halloween --(demo 1) Demo, 1982
And, Like Sheep, We Have Gone Astray --(demo 2) Demo, 1982
Kak --(demo 3) Demo, 1983
Unpopular Yawns of Middle Class Warfare --(demo 4) Demo, 1983
Hatred Surge --Demo, 1984
From Enslavement To Obliteration --Demo, 1986
You Suffer --Single, 1987
Scum --Full-length, 1987
The Curse --EP, 1988
From Enslavement To Obliteration --Full-length, 1988
Live EP --EP, 1989
Live in Europe 88 --EP, 1989
Mentally Murdered --EP, 1989
The Peel Sessions --Live album, 1989
Napalm Death/S.O.B. --Split 7'' Flexi Split, 1990
Suffer The Children --EP, 1990
live at the ICA in London --Live album, 1990
Harmony Corruption --Full-length, 1990
Live Corruption --Video/VHS, 1990
Mass Appeal Madness --EP, 1991
Malignant Trait --Single, 1992
One And The Same --Single, 1992
Utopia Banished --Full-length, 1992
The World Keeps Turning --EP, 1992
Death By Manipulation --Best of/Compilation, 1992
Live Corruption --Live album, 1993
Nazi Punks Fuck Off --Single, 1993
Fear, Emptiness, Despair --Full-length, 1994
Hung --Single, 1995
Greed Killing --EP, 1995
Cursed to Tour --Split, 1996
In Tongues We Speak --Split, 1996
Diatribes --Full-length, 1996
Inside The Torn Apart --Full-length, 1997
Breed To Breathe --EP, 1997
Words From The Exit Wound --Full-length, 1999
Leaders Not Followers --EP, 1999
Bootlegged In Japan --Live album, 1999
The Complete BBC Sessions --Live album, 2000
Enemy Of The Music Business --Full-length, 2001
The DVD --DVD, 2001
Order of the Leech --Full-length, 2002
Noise For Music's Sake --Best of/Compilation, 2003
Punishment In Capitals --DVD, 2003
Punishment In Capitals --Live album, 2003
Leaders Not Followers Part. II --Full-length, 2004
tsunami benefit --CD-single Split, 2005
The Code Is Red... Long Live The Code -- Full-length, 2005

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