Et une bombe, une ! Et celle là c'est pas les afghans qui vont se la prendre sur la gueule ! Ouais ,je sais, c'est pas de très bon goût... mais le politiquement correct me fait autant gerber que les bien-pensant américains, qui une fois de plus sauvent le monde libre des méchants. Pas que les talibans soient des modèles de tolérances.... mais je m'égare ! Bref, 4 des 5 compères de SKUDS AND PANIC PEOPLE ont répondu à mes questions un beau jour de septembre 2002. Voilà donc le résultat de notre sympathique bavardage au coin d'un bar (qui nous à généreusement demandé de payer l'électricité que mon poste avait consommé)..... MrS

Pourquoi avoir appelé votre démo "SKATOOTACORE" ?
Lionel (L.) : Ca définit +ou - la musique, ça part d'un petit délire; tu retrouves SKA parce que bon, on joue un peu de SKA. TOOTA, très important parce que les oreilles attentives sauront reconnaitre que c'est le rythme prédominant dans toutes nos chansons. J'explique un peu : ça fait "too-ta too-ta" à la batterie, c'est assez basique mais efficace et pas trop compliqué à jouer. Et CORE pour le côté un peu plus péchu...

En tous cas elle est bien produite: bon son, CD avec une jolie jackette en couleur... mieux que beaucoup de démos! Pourquoi cette qualité (malgré le fait que ça dure moins de 8 minutes), vous comptez pas sortir d'album avant longtemps ?
L. : Le truc est entièrement autoproduit, on a tourné quand même pendant 1 an et demi et on a fait des concerts mais ça nous attirait pas de contacts. Quand on a voulu passer à la vitesse supérieure on s'est aperçu qu'il fallait proposer une démo nickel. Parce que les gens prêtent vachement attention à la qualité. Aussi pour avoir l'expérience du studio et essayer de faire un truc au maximum avec notre argent, on en a pas des masses, mais on a voulu faire le plus propre possible pour pouvoir proposer au gens une démo qui montre qu'on est motivés.
Dr Louarn (Dr L.) :Même les radios associatives demandent un truc un minimum clean. Et sur la qualité de la pochette, on a profité du fait qu'on un spécialiste PAO dans le groupe.
L. : On a réussi pour la pochette à faire un truc qui coute pas cher. On voulait pouvoir la donner facilement ou la vendre pas cher. Parce que le but c'est pas de se faire des tunes c'est d'essayer de diffuser.
Elle a été enregistrée au JARDIN MODERNE (RENNES), ça s'est passé comment, en combien de temps ?
ERWAN (E.) : Sur 2 jours, 1 journée plutôt réservée à l'enregistrement des instruments et la deuxième au mixage. 4 morceaux... en 1 jour, ça peut paraître pas beaucoup mais vu notre niveau c'est énorme...y'a des groupes qui peuvent faire jusqu'à 15 morceaux !!!

Les paroles parlent de cambriolage, des blaireaux adeptes du tunning et des boîtes, du capitalisme (RUDE NIGHT CONNEXION, ROCKET SKA, MONEY MAKER)... c'est plus ou moins original. Comment bossez-vous les paroles ?
Dr L. : Les paroles sont bossées à partir des morceaux, de la base musicale. Après on fait du travail de réécriture, mais pas tant que ça....
Donc les paroles ne sont pas si importantes....
L. : Moi je voudrais que ça prenne une plus grande importance mais faut les rebosser. Pour faire des paroles intelligente avec 1 p'tite dose de second degré et en même temps l'esprit à faire passer. L'esprit du groupe : second degré et un engagement mais qui s'exprime pas forcément brut. Pour les cambriolages, c'est une question de traditions locale. On habite un secteur ou y'en a régulièrement et c'est assez phénoménal. E. : On habite à Tinténiac... y'a 2 banques, 3000 habitants et 4 braquages en 2 ans et demi dont le dernier qu'a été formidable: le CA en premier et ils ont enchaîné avec le CMB. Le premier c'etait à Combourg, à 10 kms, les flics sont partis de là-bas et c'est par hasard qu'ils sont passés à Tinténiac et qu'ils ont remarqué qu'il y avait un cambriolage. Dr L.: Donc c'est un titre à tradition folklorique.

Et ça a pas de rapport avec tous les groupes de SKA qui font des titres sur les HOLD-UP ?
L. : Je sais pas si t'as remarqué mais dans notre chanson ça se finit plutôt mal. Le mec à plutôt la trouille.

Justement ça sonne aussi un peu prolo/CNT...
Dr L. : Le morceau n'a rien à voir avec la CNT...
L. : Disons que les banquiers nous énervent, on aime pas cet esprit là, la façon dont ils traitent les gens. Et on comprend qu'il y ait des braquages... c'est con quand ça finit mal.
E. : Toi tu parlais des premières paroles : "...l'histoire d'un type qui passe sa vie dans les bars Tous les jours il travaille à l'usine...". Justement le second degré il est là. Y'a un côté WORKING CLASS mais y'a aussi le côté folklo...
L. : Souvent t'as des histoires de hold-up plus tournées vers le gang. Nous c'est plutôt le mec ponctuel... les mecs qui en ont ras le bol, qui vont taper la banque de 20 000 balles et on les comprend. Mais en fin de compte avec ça ils vont pas se sortir de la merde. Y'a un mec qu'on connaissait bien qui s'est fait pincer pour un casse de 1500 ballesdans un supermarché... 2 ans de tôle ! E. : C'est là qu'on se dit qu'il y a une justice à 2 vitesses, 2 poids 2 mesures !

Est-ce que vous êtes engagés politiquement, au niveau d'une asso. ?

Dr L. : Déjà c'est pas un groupe CNT. Dans le groupe y'a des trucs sociaux qui ressortent. Moi je suis syndiqué, y'a aussi des militants associatifs. On est conscients de pas mal de trucs et on se retrouve en particulier sur l'antifascisme et l'anticapitalisme.
L. : On est pas apolitiques mais la politique c'est pas la principale motivation du groupe.

Les présidentielles approchent, vous compter voter ?
Dr L. :Moi, non...
L. : Je pense pas non plus. Parce que ça commence à m'énerver ! Avant je votais sans croire à la démocratie, afin d'éviter certaines choses. Y'a pas mal de gens qui votent pas parce qu'ils sont inintéressés par la politique et je voulais pas rentrer dans cette catégorie de gens là.
E. : Je sais pas. Je me déciderais sur le tas.Possible que j'y aille...pour voter blanc, faire le geste....
Dr L. : Je préfère quelqu'un qui va voter et qui a une conscience que l'autre qui y va pas et qu'est prêt à bouffer son voisin et qui sera apolitique à 200%.
E. : ...étudiant apolitique qui sort le discours facile "la poloche c'est de la merde, droite gauche moi je m'en tape.

Un p'tit jeu maintenant : je vous donne un mot et vous, vous me sortez votre propre définition....

L'ANARCHIE :
Dr L. :Pour moi, c'est un système politique, rien à voir avec le borde, c'est une notion d' ordre assez importante. C'est le système le plus sensé.
E. : C'est un système organisationel qui vise à donner plus de force aux choix individuels et qui donne un sens au collectif, à la solidarité...
L. :Impossible sans la responsabilisation de la population. En ce moment, le jeu de la démocratie à la française c'est la déresponsabilisation des gens.
Dr L. :Je crois que c'est la situation qui fait la responsabilité, donc c'est de passer à l' anarchie qui responsabilise les gens.

LE BEAUF :
L. :Personne n'ayant aucune conscience politique, machiste, qui fait du tunning, fier de lui et qui sait pas se remettre en question du coup y'a plein de catégories....
Dr L. :En même temps on est toujours le con d'un autre.

LE PROLETARIAT :
L. :Moi je suis la définition de Marx :toute personne personne qui gagne sa vie en etant le moyen de production d'un autre.
Dr L. :Moi j'y inclue aussi les artisans, les travailleurs indépendants. Surtout les gens qui écoutent LOS FASTIDIOS si je peux me permettre... (rires...)
E. :Le prolétariat n'est plus quelque chose de bien fixé dans le sens ou dans les entre- prises par exemple y'a une confusion chez les gens :tu peux être en partie actionnaire. Une schizophrénie, un bleuf, qui vise à ce que les gens ne sachent plus vraiment ce qu' ils sont dans le système de production.
Dr L. :Ca dilue la conscience ouvrière... si on parlait dialectique.

L'ARGENT :
Dr L. :Il y a 2 définitions: comme moyen capitaliste et comme moyen d'échange qui peut exister autrement. Malheureusement faut en avoir pour vivre dans le système tel qu'il est.
L. :C'est uniquement valable dans le système capitaliste, c'est une de ses inventions. Après tout c'est abject, c'es de la discrimination à la base. Tout le monde n'a pas les mêmes possibilités....
Dr L. :C'est fait pour que certains en aient et d'autres pas...

LA TOLERANCE :
Dr L. :Je me considère comme tolérant parce que je veux pas faire de distinction en fon- ction des origines. Par contre être tolérant avec tout et n'importe quoi il n'en est pas question. Il y a des choses que je ne tolère pas. Sur le fascisme/racisme y'a pas de tolérance à avoir!!!
E. :Pour moi c'est essayer de comprendre l'autre. Mais accepter l'autre jusqu'à un certain point. Le fait que quelqu'un ait un non respect vis à vis de toi...
L. :Je me considère pas comme quelqu'un de tolérant. Parce qu'on "tolère"... on laisse faire et on essaye pas de comprendre. Tolérer ça sert à rien... il faut comprendre les situations et les gens. Il faut être compréhensif, pas juger avant de connaître. Tolérer c'est laisser faire certaines choses... ça sonne comme ça !

LE CHASSEUR :
Dr L. :Les seules personnes qui créent une vraie insécurité (ndm :en plus des flics et autre militaires...), qui se trimballent avec des flingues et qui aiment te braquer complètement bourrés. Moi je me promèmerait bien avec un 9mm en campagne.
L. :Que des mecs kiffent d'aller s'amuser dans la campagne, pourquoi pas ? Mais ils accompagnent la chasse avec un cortège de traditions débiles qui sont des trucs à moitié militaristes, l'élite qui tue, l'homme qui domine la nature et ça s'accompagne d'une poch- tronnade à la fin. "Grâce" à la chasse la nature est complètement déréglée. Les forêts sont plantées toutes droites pour pouvoir permettre aux chasseurs de nicker le gibier...
Maintenant ils ont tout débroussaillé, c'est pas pour entretenir les forêts, c'est pour que le mec il puisse se ballader bourré sans trop se cogner dans les fourrés... c'est aberrant !

Qu'est ce que vous pensez du petit "star systèm" rock'n'rolleux qui sévit un peu partout, dans tous les milieux punk, oï, garage...?
Dr L. :Nan, on aime pas bien ça... (rires). Le problème c'est des gens qui te parlent du jour au lendemain parce que tu fais partie d'un groupe.
L. :Ce qui est sûr c'est que même dans le milieu alternatif tu t'aperçois qu'il y a des mecs qui ont le même comportement que ceux qui ont du pouvoir. Ils ont l'impression d'être chef d'une troupe et ils le font valoir. Ils sont hyper respectés pour le seul motif d'avoir un look ! Tu les entends dire des choses... ça cloche. Je dirais pas de noms... mais tu les vois tourner du cul dans les concerts, surtout pour draguer les minettes, et qui viennent te dire après qu'ils sont plus antisexiste que tout le monde genre "je suis antisexiste...je contente toutes les femmes du monde".
Dr L. :Mais c'est pas une généralité....
L. :Tu fais tes soirées avec les mecs qu'organisent le mouvement et t'es pas pareil que le gars qui vient au concert... c'est comme ça qu'ils pensent mais sans ces gars là pourtant y'a pas de concert !

Le mot de la fin....
L. :J'espère qu'on va pas être appelés pour aller se battre parce que je sais pas vers qui j'aurais envie de tourner ma mitraillette.
E. :En Bretagne on a la chance d'avoir une scène et il y a des gens qui veulent détruire cette culture et faut la sauvegarder, s'opposer aux politiques.
Dr L. :... SUPPORT DA SCENE...
L. : Spéciale dédicace à la mémoire d'Eric Donaldson, le meilleur chanteur au monde qui n'a jamais été reconnu.

Photos par Erwan Remonti -
remonti.e@caramail.com


Pour les contacter :
- Contact Groupe -
skudsmania@caramail.com
- Contact Concert -
yannderais@hotmail.com


Leur site : http://skuds.free.fr/index.htm

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