Après la guerre en Afghanistan, menée sous prétexte de lutte contre le terrorisme, le projet d'oléoduc traversant le pays, depuis les réserves d'Asie centrale jusqu'à la stratégique mer d'Oman, est relancé. Les USA ont en effet réussi à imposer un gouvernement docile, comme la CIA l'a déjà fait dans de très nombreux pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud, au cours des 50 dernières années.
Maintenant, avec ou sans l'acceptation par Saddam Hussein des résolutions de L'ONU et malgré les réticences de la France et de la Russie notamment, qui se donnent ainsi l'illusion d'être des puissances écoutées, la guerre contre l'Irak semble inéluctable.
Depuis début novembre, les Républicains ont la majorité au sénat, et l'administration Bush contrôle tout les organes de l'État. Quelques jours plus tôt, le 25 octobre 2002, Paul Wellstone, sénateur démocrate du Minnesota, meurt dans un « accident » d'avion avec ses conseillers et des membres de sa famille, c'était le leader de l'opposition au projet de « guerre préventive » contre l'Irak.

Là encore, ce n'est un secret pour personne, l'objectif à peine caché de cette guerre est le contrôle de la deuxième source de pétrole du Golfe, après l'Arabie Saoudite. Ce dernier pays, traditionnel allié des États-Unis, commence en effet à s'en affranchir et à baisser sa production pétrolière pour éviter la chute des cours, du fait du retour de la Russie sur le marché mondial des hydrocarbures. Si on ajoute à cela la montée de l'anti-américanisme du peuple saoudien, illustrée par le fait que le 11 septembre 2001, quinze pirates kamikazes sur dix-neuf étaient d'origine saoudienne, on comprend que les USA souhaitent diversifier leurs sources à tout prix. L'Afghanistan était la première étape de cette nouvelle forme de colonialisme pétrolier, l'Irak sera la suivante.

Les États-Unis n'aiment que les dictateurs qu'ils ont portés au pouvoir, ceux qui dérangent leurs intérêts économiques sont des cibles vite effacées, et peu importe les dommages collatéraux.
On va encore avoir droit au couplet sur la libération du peuple irakien, comme pour les femmes afghanes il y a un an, alors que la dernière guerre du Golfe et le blocus qui a suivi ont fait 1,5 millions de morts en Irak, dont 500 000 enfants. On va nous refaire le coup de la guerre propre et des bombardements chirurgicaux en direct sur CNN, le tout accompagné d'une censure et d'un contrôle médiatique renforcé. Les drapeaux américains vont refleurir sur les voitures des ploucs texans, et Hollywood chiera ses films grotesques et révisionnistes sur les héros morts pour l'Oncle Sam.

Après la boucherie, le nouveau gouvernement irakien négociera son pétrole en dollars ce qui aura pour conséquence une augmentation importante du cours du dollar , et avec lui, la valeur de la dette des pays pauvres exprimées dans cette monnaie (Afrique et Amérique du Sud).

Il est probable que le gouvernement américain se cherchera un nouvel ennemi, car il en a besoin. Pas seulement pour justifier ses budgets militaires colossaux ou pour rendre le président populaire aux yeux d'un peuple culturellement belliqueux, mais surtout car le propre d'un empire est d'étendre son influence et de conquérir de nouveaux territoires.

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