Dans la continuité de la Loi de Sécurité Quotidienne, votée sous le gouvernement de gauche l'an dernier, notre cher ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy, a présenté le 4 octobre un nouveau « projet de loi » mettant en forme les bases juridiques d'une guerre sociale menée contre les classes dites « dangereuses » : sauvageons, pauvres, improductifs ou autres « parasites ». En effet, la nouvelle priorité nationale est la « lutte contre l'insécurité » développant ainsi tout l'arsenal juridico-policier et laissant de côté l'aspect préventif et éducatif. Enfin, quoi de plus logique que de criminaliser la pauvreté pour préserver la sécurité intérieure et lutter contre la misère.
En complément des "Avertissements" voici d'autres mesures prévues par ce nouveau texte :
« Gens du voyage » : en effet, un article prévoit de sanctionner tout propriétaire de véhicule s'installant sur une propriété privée. La peine en courue est de 6 mois de prison, 3000 euros d'amendes, la suppression du permis de conduire et la confiscation du véhicule.
Garde à vue et comparution immédiate : poursuivant la révision de la loi sur la présomption d'innocence en automne 2001, le régime dérogatoire des gardes à vue, permettant de retenir une personne 96 heures, est élargie aux cas de criminalité organisée ( mais qu'entendent-ils par cela ?). Aussi, selon le délit, l'entretien avec l'avocat sera repoussée à la 36ème heure. Le droit au silence lors de la garde à vue sera également supprimé. Et tout le monde sait que beaucoup de choses peuvent se dérouler lors des interrogatoires parfois très musclés. Par ailleurs, la nullité de procédure ne sera plus valable si les flics n'annoncent pas immédiatement ses droits à la personne. Enfin, le nouveau projet de loi permettra à la police de prolonger les gardes à vue des mineurs de 16 à 18 ans et ce sans l'obligation de les présenter devant le parquet. Ce projet de Sarkozy se superpose à la loi PERBEN sur la justice des mineurs. A quand les prisons en face des collèges et lycées ?
Voilà un échantillon du futur qui nous est réservé en matière de sécurité intérieure, c'est-à-dire la logique sécuritaire à tout va ! Si on ajoute à cela la hausse des effectifs policiers et un fichage de plus en plus généralisé, on peut dire que la contre-révolution conservatrice et anti-sociale est bien en marche. Il est important de notifier que la France est un des pays les plus fliqué d'Europe à raison d'1 flic ( police, gendarmerie,...) pour 200 habitants. Finalement, il serait difficile de s'étonner de la haine grandissante des jeunes envers une institution policière à qui on offre la possibilité d'élargir ses pouvoirs. L'heure n'est donc plus à la rigolade mais à la riposte par l'action collective pour éviter que disparaisse à jamais l'espoir d'un autre futur. (On se la fait cette révolution oui ou merde !!)
( recueil des infos : NO PASARAN octobre 2002)
Les premières conséquences dans les transports
Cela fait bien longtemps que la SNCF s'attache à lutter contre la fraude. C'est pourquoi la Loi de Sécurité Quotidienne, votée sous la gauche, offrait déjà la possibilité aux gestionnaires des transports de poursuivre tout fraudeur qui aurait accumulé 10 amendes non payées en moins d'un an. Au vue de ces conditions, la SNCF estimait qu'environ 27000 personnes seraient susceptibles d'être poursuivis. Etant donné qu'il est difficile de déposer autant de plaintes en même temps, la SNCF a préférée s'occuper tout d'abord des "fraudeurs dangereux" ou plus exactement de ceux dépassant les 50 amendes non payées.
De ce fait, la SNCF a déposé 355 plaintes le 1 AOUT dernier. Jusqu'à très peu de temps, seules 10 plaintes fesaient l'objet de pousuites réelles donc d'une condamnation auprés du tribunal. Autant se dire à l'avance que ce n'est qu'un bref échantillon de ce qui risque de se passer les années à venir. Il est d'autant plus inquiétant de savoir que depuis le début de l'année, la SNCF s'est dotée d'une base de données (LUTIN) dont l'objet est de faire un recensement des fraudeurs. Dés lors, un simple coup de fil permet à n'importe quel contrôleur d'interroger la base de données. Force est de constater que le glissement de la société vers le tout sécuritaire suit son cours. Le collectif AC! (Agir contre le chômage) a lancé une campagne en vue de suivre les prochains procès. A suivre!!!
...K-ZYMODO...
VOIR AUSSI :
"Vichy sur Seine" de GRRROG
"Avertissements" de MALOKA