Depuis qu'elle existe (années 70), la scène métal est réputée apolitique. Même s'il est vrai que les métalleux évitent de parler de politique dans leurs chansons, certains groupes font toutefois exception à la règle... Dès le début des années 70, le groupe anglais Black Sabbath (précurseur du métal) abordera dans ses chansons le problème des conditions de travail et de la crise sociale.
Plus près de nous, dès la fin des années 80, le groupe de thrash-metal allemand Kreator fut un des premiers groupes de métal à se dire ouvertement antifasciste. Leur dernier album, "Violent Revolution", aborde le problème de la société de consommation dans laquelle nous vivons au travers de titres comme "Violent revolution", "System decay", "Ghetto war" ou l'antifascisme ("All of the same blood").

Dying Fetus, groupe américain de death-grind-HxC, compte certainement parmi les groupes de métal les plus engagés. Leurs textes abordent des sujets comme, par exemple, l'anti-cléricalisme ("Praise the lord (opium of the masses)"), l'anti-guerre ("In times of war") ou le rejet des majors et du music-business sur le très mélodique "Kill your mother / Rape your dog". Les textes sont bien faits, réfléchis et argumentés : "Die, rust ... rot anyway, this last war doesn't have a name / a cancer on this lifeless carcass called the world / not one left in peace, a policy of mandatory greed / eats it's way across this nation built on lies". Pour ceux qui voudraient en savoir plus, le groupe fournit, dans le livret de leur dernier CD, l'adresse d'un site internet anarchiste américain : www.demockery.org.
(ci-contre, pochette de l'album "Destroy the opposition" de Dying Foetus, ci dessous, l'affiche insérée dans le livret du même album)

Comment évoquer la politique dans la scène métal sans parler de Napalm Death, groupe anglais culte de death-grind ayant démarré comme groupe punk-hardcore il y a une vingtaine d'années. Radicalement antifasciste ("Nazi punks fuck off"), le groupe est aussi ouvertement anti-capitaliste, anti-militariste et anti-impérialiste (voir la pochette de leur album "Order of the l€€ch" - l'ordre de la sangsue - avec la reine d'Angleterre sur la pochette). D'une manière générale, l'on peut dire que le grindcore est le style de métal où l'on trouve le plus d'activistes (sûrement car proche du punk et du HxC) avec des groupes comme Cripple Bastards (Italie) ou les français Blockheads (voir leur interview) aux textes ravageurs et anti-capitalistes, écologistes ou prônant le droit des animaux. Leur dernier album "Human parade" (kronik dans le STREET TRASH #3, voir ici) est vraiment une tuerie aux frontières du grindcore, du métal et du crust-punk.

A l'inverse, certains métalleux profitent du côté occulte du black-metal pour faire passer des idées bien merdiques dans leur chansons. En effet, en ce moment, les grandes tendances dans le black-metal sont la misanthropie ou bien le fait de trouver la nature de son pays plus belle que dans celui du voisin...
D'autre part, on ne compte plus les albums de black-metal ayant un concept basé sur la guerre. Par exemple, qu'un groupe comme Marduk (qui compte parmi les groupes de métal dont les disques se vendent le mieux actuellement) appelle un de ses albums "Panzer Division Marduk" et déclare ensuite dans un reportage sur M6 que c'est à chacun de prendre ce qu'il veut dans leur musique. Bon... Toutes ces choses font que, malheureusement, on voit de plus en plus de fafs dans les concerts (principalement de black-metal). Par exemple, cela fait plusieurs fois que, lors de concerts à Rennes, quelques personnes n'hésitent pas à slammer en tendant distinctement le bras droit. On a même vu, dernièrement, trois ou quatre boneheads débarquer dans la salle dont un qui portait un tee-shirt du Pagan Front avec une croix gammée sur l'aigle allemand sous-titré de la mention "14 words" (ces fameux 14 mots étant un précepte dicté par un prisonnier américain d'extrême-droite : "Nous devons assurer l'existence de notre race et un futur pour les enfants blancs...". Heureusement, ce soir-là quelqu'un s'est chargé de leur cas... Cette anecdote est, en plusieurs années de concerts métal, la plus choquante que j'ai vue; car heureusement, la très grande majorité des concerts se passent bien.


Vous me direz, pourquoi cet article ? Tout simplement car en tant que fan de métal (et militant anarchiste), j'en ai marre qu'à chaque fois que je dis à quelqu'un que j'écoute du métal extrême on me réponde que cette musique n'a pas d'extrême que le nom; alors que, heureusement, la majorité des métalleux ont un cerveau sous leurs tignasses...

...Ze-Deathkore-AddiKt...

 

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