TRANSPORTS GRATUITS

Qui paye les transports aujourd'hui ?
Ce sont les personnes les plus pré­caires économiquement qui payent le plus le droit à se déplacer : l'usager-contribuable paye deux fois sa place : une fois au travers de son titre de transport, et une autre fois par le biais de l'impôt .
A quoi servent les transports en commun aujourd'hui ?
D'abord à aller travailler et ensuite à faire des achats. Ce sont encore une fois les employeurs et les grandes surfaces qui profitent le plus des transports. Il serait donc plus logique que ça soit eux qui payent.
Qu'apportent les contrôles ?
Des conflits entre usagers et agents-pointeurs. En effet, la plupart des agressions a lieu lors du contrôle du titre de transport. Ainsi plus il y a de vérification, plus il faut d'agents de Sécurité, de caméras de vidéosurveillance... Faire payer les transports, c'est favoriser le tout répressif.
Liberté, égalité, gratuité ?
Revendiquer les transports gratuits, c'est refuser que seuls les riches puissent se déplacer selon leurs envies et c'est aussi revendiquer la liberté de circuler pour toutes et tous.
Les transports en commun, source de profits ou service collectif ?
La gratuité est la seule garantie d'égalité sociale. Comme l'éducation ou la santé, les transports doivent être gratuits pour assurer leur libre accès à toutes et tous. Exiger la gratuité, c'est lutter contre la marchandisation de nos vies.
Et l'environnement ?
La gratuité des transports collectifs, c'est plus de gens qui les empruntent, donc moins de voitures, moins de pollution, de maladies respiratoires...
Comment gérer la gratuité ?
Seule une gestion directe des services collectifs, dégagée de toutes pressions politiciennes et de rentabilité financière, permettra de voyager selon nos besoins et nos envies. La gestion de ce service devra s'effectuer au travers de représentants mandatés et révocables par les salariés et les usagers.
La gratuité des transports : un rêve ?
Hasselt, en Belgique, 70 000 hab., Compiègne, 30 000 hab., Issoudun 18 000 hab., l'appliquent déjà. D'autres l'ont mis en place pour les chômeurs et précaires : la région Midi­Pyrénées, Caen...
La gratuité aujourd'hui ?
Dès maintenant, il nous faut exiger des transports gratuits pour toutes et tous, demander l'arrêt immédiat des contrôles, des amendes et des poursuites, et de manière plus générale, nous occuper directement de nos affaires pour que personne ne décide plus à notre place.

SOURCE : Société des Transports Autogérés Nancéiens
http://maree-noire.info/article.php3?id_article=48

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L'ANARCHIE N°2
Transports gratuits pour tous !
septembre 2001

Malgré l'utilité sociale indéniable des services publics, l'Etat, depuis le milieu des années 80, s'en débarrasse petit à petit : privatisations (France Telecom, Air France, service des eaux...), voire fermeture d'établissements non rentables ou jugés trop coûteux (écoles, hôpitaux, postes, petites gares...). Cela montre que l'Etat n'est pas synonyme de services publics, ni qu'il en est son meilleur garant. La renationalisation ne représente donc pas une solution à leur gestion. Et, de son côté, le privé n'a pas pour objectif d'être au service du public mais de maximiser le profit dans l'intérêt des actionnaires ; c'est donc à la société de se les réapproprier pour qu'ils soient véritablement au service du public.

Les transports en commun sont un élément essentiel des services publics. Leur gratuité représenterait une réelle avancée pour l'égalité sociale et économique : l'accès serait enfin possible à tous. Par ailleurs, la gratuité présente bien d'autres avantages :
une fréquentation plus importante, donc une meilleure circulation urbaine et une diminution de la pollution ;
leur utilité se trouvant ainsi accrue, le développement en serait facilité (hausse de la fréquence des bus et trams, horaires étendus, dessertes élargies...) ;
une diminution de la violence qui est pour une bonne part due à la tension qu'implique la perception du titre de transport et son contrôle. Selon la CTS, la fraude représenterait actuellement 17 à 18% du trafic voyageur. La mairie de Strasbourg a mis en place comme seule réaction la dépense de 12 millions de francs dans la mise en place d'un système de vidéosurveillance ;
le coût de fonctionnement des transports serait abaissé puisque disparaîtraient : billets, cartes, machines à composter (par ailleurs pléthoriques sur les lignes de tram), distributeurs automatiques de tickets...

Le corollaire de la gratuité : l'autogestion
Exiger uniquement la gratuité des transports publics sans son corollaire de l'autogestion entraînerait une logique de passivité et de consommation. En revanche, la participation des usagers et des employés à la gestion et à l'organisation des transports publics permettrait une plus grande responsabilisation individuelle et collective. La gratuité et la participation des usagers et des employés éloigneraient ce service public de la sphère capitaliste dont les intérêts sont éminemment sélectifs : le profit pour quelques-uns et non le bien-être pour tous. Ce secteur échapperait aussi à la coupe de l'Etat qui déresponsabilise la société dans son ensemble.

Comment c'est financé ?

Actuellement, le fonctionnement des transports publics de Strasbourg est financé par les impôts locaux, le "versement transport" (taxe prélevée sur les entreprises de plus de 9 salariés, représentant environ 1,75% de leur masse salariale), et bien sûr par les voyageurs ! En résumé, à travers l'impôt et le ticket, c'est bien le contribuable strasbourgeois qui assume les deux tiers du coût des transports publics ! Qu'en est-il de certaines grosses entreprises qui profitent directement des retombées du tram, comme par exemple les hypermarchés et centres commerciaux situés de part et d'autre du réseau, ou encore certaines agences immobilières ayant fort opportunément investi dans des logements construits le long des lignes, afin d'encaisser de juteux loyers (selon Rémi Haegenbach, PDG de Stradim, le prix des loyers pour les logements situés à proximité du passage des lignes A et B, ont augmenté d'environ 15%). Pourquoi ne pas inviter ces heureux gagnants à mettre la main au portefeuille. En outre, le surcoût dû à la gratuité - limité par les économies réalisées par le coût de fonctionnement - pourrait être assuré par une augmentation des subventions publiques. Comme l'a reconnu Roland Ries lors d'un débat sur les transports publics organisé par la CTS au moment de l'inauguration des lignes C et D, la gratuité n'est pas impossible mais dépend d'un « choix politique ». C'est d'ailleurs la CUS qui décide des tarifs appliqués sur l'ensemble du réseau CTS (parfois sur proposition de la CTS).

Comment c'est géré ?

Derrière l'expression "autogestion par les usagers et les employés", il y a l'idée de décisions prises obligatoirement avec l'accord des deux parties. C'est ainsi qu'une ligne, et a fortiori la coordination du réseau, seraient gérées lors d'assemblées générales. Dans ces dernières, l'on prendrait d'abord les décisions, puis dans un deuxième temps l'on désignerait des personnes mandatées de façon précise pour appliquer ces décisions. Ces personnes seraient révocables à tout moment si elles n'appliquaient pas, ou de manière non satisfaisante, leur mandat.

La lutte

Avoir de bonnes idées c'est bien joli, encore faut-il pouvoir les inscrire dans la réalité. Et il est évident que si nous attendons que les choses nous tombent du ciel, nous n'obtiendrons jamais rien. La lutte organisée est donc tout à fait indispensable.
0 franc - 0 fraude : Transports gratuits pour tous !

Ce qu'il se passe ailleurs...
Certaines villes ont déjà mis en place la gratuité des transports publics pour tous. C'est ainsi que Vitré (Ille-et-Vilaine) a adopté cette mesure. Dans son cas, similaire à bien d'autres, les recettes de la billetterie ne représentaient que 11,5 % du coût d'exploitation. Cela a eu pour principaux résultats d'augmenter de 60 % la fréquentation des bus et de diminuer le trafic automobile au centre. La gratuité s'est mise en place sans augmentation des coûts car l'exploitation se fait à moyens constants. En effet, auparavant les bus étaient peu utilisés, même aux heures de pointe.
A Hasselt, ville flamande de 70 000 habitants, la municipalité paie à la société régionale de transports "De Lijn" 38 millions de FB, ce qui correspond aux recettes d'abonnement et de tickets vendus dans la zone urbaine. Pour cela, le budget communal n'a augmenté que de 1%. Le nombre de bus, quant à lui, a été multiplié par 4 et la fréquentation par 8. Du fait de la baisse du trafic automobile, le coût d'entretien de la voirie a été réduit. D'autre part, la ville est devenue plus tranquille et agréable et les visites à l'hôpital ont même augmentées de 30% !
D'autres villes comme Compiègne (Oise, 30 000 hab.) et Issoudun (Indre, 18 000 hab.) appliquent également les transports gratuits pour tous. Malheureusement, peu de municipalités ont suivi leur exemple. Pour l'instant ce sont surtout les plus favorisés qui bénéficient des transports gratuits : les cadres avec leurs voitures de fonction ou les parlementaires européens qui bénéficient gratuitement des bus et trams de la CTS...

SOURCE : FA Strasbourg
http://fastrasbg.lautre.net/article.php3?id_article=3

Le RATP - Réseau pour l'Abolition des Transports Payants
Sans-tickets de tout poil ( !), par nécessité ou par revendication,

Depuis 2000, le RATP - Réseau pour l'Abolition des Transports Payants - s'est saisi de la revendication des transports gratuits pour toutes et tous et a essayé de la faire vivre, en la nourrissant de réflexions, de débats et d'actions concrètes, toujours dans un sens de rupture avec les logiques aliénantes et oppressives du capitalisme et de l'Etat.

Lorsque que l'on commence à réfléchir sur l'organisation des transports, on s'aperçoit vite que la justification des transports payants n'est absolument pas économique, mais d'abord politique : les transports payants sont, par divers biais, un instrument privilégié de contrôle social, ce qui signifie dans une société capitaliste et étatiste, un instrument d' « apartheid social ». Le ticket de transport est le prétexte à toutes les polices : police des étrangers et étrangères, des pauvres, des jeunes, des militants et militantes, des révolté.e.s, etc.

Aujourd'hui, nous constatons d'un côté que le discours sur les transports gratuits pour toutes et tous est souvent compris, intégré et vécu par des usagers et usagères, voire par certains et certaines salarié.e.s des entreprises de transport. Les élu.e.s, lorsqu'ils ou elles ne sont pas bouchés, tentent d'y faire face en réorientant la revendication vers une « gratuité-charité », c'est-à-dire réservée à celles et ceux que l'on catégorise comme victime d'un système dans lequel le but demeure la sempiternelle « réinsertion ». Cela donne généralement des systèmes d'allocations complexes et coûteux, dont l'un des buts est surtout de ne pas remettre en cause le principe des transports payants, ni la valeur travail (car ces bénéficiaires de la gratuité sélective sont définis par rapport à la situation de chômeur ou d'allocataires des minima dits « sociaux »).

D'un autre côté et dans le même temps, nous constatons une répression très fortement accrue sur toutes les personnes pauvres et/ou revendicatives. Dans le domaine des transports (transports en commun comme automobile), ce sont toutes les lois répressives nouvelles depuis 1999, et tout particulièrement les lois Jospin (LSQ de 2001), Sarkozy (LSI de 2003) et Perben (I et II de 2002 et 2004). Résultat pour les transports en commun : c'est jusqu'à 7.500€ d'amende et jusqu'à 6 mois d'emprisonnement qui attendent le ou la sans-ticket qui a le malheur de s'être fait verbalisé.e plus de 10 fois sur une période de 12 mois (sans avoir pu réglé les amendes).

Ces lois répressives sont bel et bien appliquées puisqu'à ce jour, on peut estimer à plus de 8.000 les dépôts de plainte pour délits de fraude habituelle (dont 5.000 par la SNCF sur toute la France, 2.000 par la RATP en Ile-de-France, et 1.000 cumulés sur tous les autres réseaux urbains : Marseille, Lyon, Orléans, etc.), ayant conduit à plus de 2.700 jugements déjà rendus, dont grosso-modo 1/3 de peine de prison ferme, 1/3 de peine de prison avec sursis et 1/3 de « simple » amende ou rappel à la loi.

Pour l'Ile-de-France en particulier, et en croisant toutes les données, on peut estimer un rythme mensuel de :

- 430 dépôts de plaintes ( 180 SNCF et 250 RATP)
- 125 jugements rendus ( 50 SNCF et 75 RATP) dont 45 amendes, 45 prison avec sursis et 35 prison ferme.

Face à cette répression comme à d'autres, l'action individuelle est vouée à l'échec, et seuls des outils de résistance et de lutte collectifs et solidaires permettront d'offrir une perspective concrète et efficace.

Textes